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BLESSURE

Mais que sont ces images
Qui ne cessent de paraître
Souvenirs du jeune âge
Qui ne puissent ne pas être.

Mais point les voir ennivre
Sous ce mal véritable
Qui ne cesse de vivre
Lorsque l'Homme capable

Met en terre ses maux
Ne pouvant les comprendre
Continuant plus haut
Ce saccage sans l'apprendre.

Mais ce moi ennivré
Continu sans pouvoir
Se défendre et jouer
Dans cette coure dérisoire.
(Lyra)

TOI.

Ce n'est que toi,
Toi,qui m'a appris la lois
Qui m'a aidé à vider mon sac
Quand tout arrivait en vrac.

Ne m'abandonne pas je t'en pris
Toi, qui m'a appris la vie
Qui restait près de moi
Quand il fesait si froid.

Et c'est dans ces lignes même
Que je te dis je t'aime.
Pas comme ma mère
Car cette fois son amour erre.

Mais comme cette femme
Qui restera dans mon âme
Toute la vie durant
Et sans âge manquant.
(Lyra)


L'ADIEU.

J'ai ceuilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends.
(Appolinaire)


DEMAIN DES L'AUBE...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirais. Vois-tu, je sais que tu m'attends,
J'irais par la forêt, j'irais par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherais les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans enttendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderais ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
(Hugo)


VOUS PARLEZ?...

Vous parlez?...Non...Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante;
Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent...C'est bien. Puisqu'il ne sont pas las
D'attendre, j'attendrai, de cette même attente.

Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.

Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire
Ni d'amis gémissant...Que nul de vienne.

La plante ne dit rien. L'oiseau se tait. Que dire?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille.

Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.
Une feuille à son mal qu'ignore l'autre feuille,
Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.
(Sicaud)


IL PLEURE DANS MON COEUR...

IL pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi! Nulle trahison?
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine.
(Verlaine)

LA VIE

La vie est un long chemin
Que l'on attaque très tôt
Quand on est pas trop malin
Et encore marmot.

Les fleurs en harmonies
Et les odeurs pures,
Ce monde est comme un paradis
Où les bonnes choses durent.

Puis un jour arrivent les sentiers battus
Avec gouffres, pierres et graviers
Que l'on essaye tant et plus
De défier et de braver.

Une lourde pierre m'a fait tomber dans un trou
Où toutes mains se sont déployées.
Mais n'ayant plus la force du tout
J'ai bien peur de ne plus durer.

Certaines personnes tentent de s'éloigner
Croyant que tout est fini.
Mais ne sachant leurs expliquer
Je me retrouve seule dans ce monde infini.

Tout ceci l'avenir nous le dira
Mais sache que je ne cesse de me battre
En sachant que tu es là
Auprès de cette marâtre.

Reste sur ton droit chemin
Ne t'occupe pas d'ailleur
Comme cela tu iras bien
Et tu ne seras que meilleur.
(Lyra)


JE NE SAIS COMMENT JE DURE...

Je ne sais comment je dure,
Car mon dolent coeur fond d'ire
Et plaindre n'ose, ni dire
Ma doleureuse aventure,

Ma dolente vie obscure.
Rien, hors ma mort ne désire;
Je ne sais comment je dure.

Et, me faut, par couverture,
Chanter que mon coeur soupire
Et faire semblant de rire;
Mais Dieu sait ce que j'endure.
Je ne sais comment je dure.
(De Pisan)


LA COMPLAINTE.

Les maux ne savent seuls venir
Tout ce qui m'était à venir
Est advenu.
Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés?
Je crois qu'ils sont trop clair semés:
Ils ne furent pas bien fumés,
Si mon failli.
Ces amis-là m'ont bien trahi,
Car, tant que Dieu assailli
En maint côté,
N'en vis un seul en mon logis:
Le vent, je crois, les m'a ôtés.
L'amour est morte:
Ce sont mes amis que vent emporte,
Et il ventait devant ma porte:
Les emporta.
(Rutebeuf)


TRISTESSE.

J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la vérité,
J'ai cru que c'était une amie;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégouté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.
(De Musset)


RECUEILLEMENT.

Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multidude vile,
Sous le fouet du plaisir, ce boureau sans merci,
Va ceuillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur le balcons du ciel, en robe suranées;
Surgir au fond des eaux de Regret souriant;

Le soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends, la douce Nuit qui marche.

hacunamatata
19/06/02